L'Œil de Saphir et autres contes

Des mondes à conquérir, ou à reconquérir

Tag: Carpates

Bilan d’étape (2)

Je vous l’ai déjà dit, et redit : je trouve que la vie va trop vite pour moi, surtout depuis quelques temps.

C’est pour cette raison, et dans le seul but d’essayer de m’y retrouver moi-même un peu, que j’effectue régulièrement des “bilans d’étape”. Le dernier date du mois d’avril. Près de cinq mois plus tard, j’éprouve le besoin de me poser de nouveau quelques instants, histoire de faire le point.

Je rentre tout juste, vous le savez, de mon troisième voyage en Roumanie. À l’issue de cette troisième virée, je me dois de vous le confirmer : je crains fort d’être définitivement “perdu pour la France”. Sauf pour ma chère Dordogne, et un certain coin en Bretagne qui m’est également très cher.

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© Yann Ollivier

Mais, oui, donc, je suis définitivement mordu, accro, contaminé. Ma roumanite est aiguë, et elle ne fait qu’empirer (enfin, tout est une question de point de vue, moi, je trouve qu’elle s’améliore) au fil des heures, et de mes voyages.

Reste que ces petits bilans servent surtout à vous parler de l’état d’avancement de mes travaux (j’ai la prétention de croire que si vous avez fait l’effort de venir jusque-là, c’est que ça vous intéresse).

Et de ce côté-là, ça a bougé, encore, un peu.

Tout d’abord, je suis rentré de ma vadrouille dans les Carpates avec la perspective de plus en plus précise d’une publication en roumain de La Fiancée noire, ce qui, après Tchorna naretchena en ukrainien, qui continue de faire ma fierté, donnerait Logodnica neagra, ce qui est pas mal non plus, dans le genre musicalité.

Je n’ai pas encore de date, j’attends la décision finale de mon éditeur, Bogdan Hrib, qui est aussi un ami, et un sacré auteur de polars. Mais s’il donne effectivement son feu vert au projet, je sais que je vais, une fois de plus, rester scotché au plafond pendant un petit moment (c’est que je suis un garçon émotif, voyez-vous).

Toujours sur le front roumain, aiguillonné par mes neuf jours oniriques sur place, je me suis enfin décidé à mettre le point final à la version longue de Terre promise. La genèse de l’aventure, vous l’avez suivie ici, je ne vais donc pas revenir dessus. Disons simplement que je suis encore sous le choc d’avoir bouclé ce texte, sans doute le plus personnel, le plus charnel, le plus sanglant que j’aie jamais écrit.

Qui, lui aussi, sera peut-être bientôt publié. En roumain. Là-bas. Par une amie que j’admire et respecte au plus haut point. Là, le plafond, je vais le crever.

Allons, allons, pas le temps de s’endormir ! Car avec tout ça, j’ai pris du retard sur la rédaction de la suite de la Fiancée noire, que mon éditrice et mon traducteur ukrainiens attendent. Par conséquent, une fois ce petit billet mis en ligne, je retournerai à mon métier à tisser, pour raconter la suite des exploits de la mystérieuse et terrible Telei dans les rues de Kiev en pleine révolution.

Toutefois, comme annoncé, je trouverai bien un peu de temps pour vous parler des gens merveilleux que j’ai rencontrés ou retrouvés dans ma Terre promise.

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Sur cette photo, une amie hors le temps et plusieurs nouvelles rencontres se croisent…

De celles et ceux, aussi, que je n’ai pas pu voir, mais que je reverrai sous peu, car, oui, j’y retourne bientôt.

Avant, sans doute, de vous proposer un troisième bilan d’étape.

Plus vite que la musique…

Tout va trop vite.

Pour moi, en tout cas.

Je sais, je me répète, mais je ne peux m’empêcher de le constater, et de le dire, ou de l’écrire, comme pour tenter de conjurer le sort, cette sensation d’accélération, cette impression d’être de plus en plus entraîné dans une danse folle qui ne ralentira plus jamais.

Une danse qui ne me laisse plus le temps de rien, et surtout pas de vous conter mes histoires, mes voyages.

Plus de neuf mois déjà se sont écoulés depuis le jour où j’ai, pour la première fois, posé le pied sur ma Terre promise. Depuis ce jour magique où j’ai compris que je ne m’étais finalement pas trompé dans ma passion indestructible pour ce pays que j’aime chaque jour un peu plus.

Depuis, j’y suis retourné, deux fois. À la fin du mois de mars, et à la fin du mois d’août. J’en reviens tout juste, avec un sentiment de décalage plus aigu que jamais. J’en reviens tout juste et je n’ai qu’une envie, c’est de vous parler de tout ce que j’ai vu, goûté, senti, ressenti, entendu, écouté. Alors que je ne vous ai presque rien dit de mon deuxième voyage, qui avait été tout aussi intense, puissant, profond.

L’absurdité de cette situation, du fait qu’à chaque fois, je vis, vois, apprends et enregistre plus que je n’aurai jamais le temps de vous transmettre, me heurte aujourd’hui plus violemment qu’auparavant.

Oui, tout va trop vite. Je prépare déjà mon prochain voyage, dans deux mois. Que puis-je donc faire pour vous donner un peu de ce que j’ai reçu ? Les images peuvent-elles suffire à remplacer ces mots que je n’aurai jamais le temps d’écrire ?

Non, mais c’est tout ce que j’ai à vous offrir aujourd’hui.

Alors, si vous en avez la patience, feuilletez ce petit album qui vous montrera quelques fragments de ce qu’a été mon bonheur. Comme ça, j’aurai l’illusion de vous avoir emmenés avec moi.

Et comme je suis gentil, en fin de compte (mais si, je vous assure), voici une carte, pour que vous puissiez un peu vous y retrouver.

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Vous pouvez repérer toutes les villes où l’on m’a accueilli avec générosité depuis novembre 2015 : Bucarest, bien sûr, mais aussi Sibiu, Brasov, Tîrgu Mures, et Pitesti.

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Entre cette image d’une ville à laquelle je suis particulièrement lié…

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…et ce coucher de soleil sur les Carpates, cinq mois se sont écoulés. Cinq mois de manque et d’incertitude. Mais quelle récompense.

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Sur la grand-place de Tîrgu Mures, littérature et débats sont au programme.

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Au pied du théâtre, les tentes se dressent. Et le théâtre lui-même est la parfaite incarnation de l’étrange dualité de la ville, avec ses deux grandes affiches, l’une en roumain, l’autre en hongrois. Ici, les tensions entre les deux communautés sont présentes, en filigrane. L’envie de vivre ensemble, elle, est heureusement la plus forte.

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Sur le stand des éditions Tritonic, ça ne rigole plus…

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C’est qu’il y a du beau monde à exposer. Pour les curieux, Spada, de Bogdan Teodorescu, vient d’être publié en français chez mes amis d’Agullo Éditions.

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Pendant ce temps-là : “Prenons notre air sérieux, se disait l’auteur, comment ça va trop les impressionner !” © A. Ojica

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“Ah, ben non, tiens.” © A. Ojica

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Après toutes ces journées passées à pontifier comme un grand génie du journalisme, de la traduction et de l’écriture, il fut décidé d’embarquer l’auteur pour de nouvelles aventures, gustatives, dans les hauteurs par-delà le village de Bala.

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C’était inviter le loup dans la bergerie…

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Finalement chassé à coups de pierre pour avoir jeté son dévolu sur un peu trop de jolies brebis, le terrifiant prédateur n’eut d’autre choix que de se réfugier sur les terres d’une redoutable princesse dace de ses amies. Laquelle mériterait à elle seule au moins tout un livre. Ce qui sera le cas, d’ailleurs.

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Les vrais maîtres du pays, ce sont eux.

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Par les rues tortueuses de l’imposante Brasov, la princesse dace le mena…

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…jusqu’à cette plaque qui, elle le savait, le toucherait en plein cœur. Car il y est fait mention du compositeur qui, en ces terres, lui parle mieux qu’aucun autre. Et enfin, il eut, un court instant, la sensation que la vie n’allait pas plus vite que la musique…

L’Été de la Reine (2) Nouvelles têtes

En ce moment, L’Été de la Reine est ma priorité. Quand j’aurai atteint les cinquante premières pages du texte, je le soumettrai à une éditrice (ah, ça y est, ça recommence déjà à ricaner, au fond), et en fonction de sa réponse, j’en ferai alors ma priorité définitive pour 2016-2017, ou le récit devra attendre un peu, que je m’occupe d’une autre affaire, prévue elle, si tout va bien, pour 2018.

Le mois prochain, ma priorité sera autre, puisque je consacrerai le temps dont je disposerai au bouclage de la rédaction de la version longue de Terre promise.

Mais en attendant, donc, ce sont les exploits du petit Ion et de la grande Rodica, quelque part dans l’Arges, sur le flanc sud des Carpates, durant cet interminable été 1944, sur lesquels je me penche ces jours-ci.

Toute leur histoire est désormais soigneusement ficelée (dans ma tête et sous forme de plan). Leur aventure, cruciale pour l’avenir de plus d’un monde, va leur valoir bien des surprises, bien des rencontres. Et c’est pour vous présenter quelques-unes de ces nouvelles têtes que j’ai choisi d’écrire ce petit billet. L’idée étant, comme toujours, de vous laisser entrevoir certaines choses sans trop vous en dire.

Celles et ceux qui sont intéressés savent où me trouver (sur Facebook, par exemple), et n’auront alors qu’à se manifester pour avoir droit en cadeau aux cinquante premières pages du roman.

Allons, ne perdons plus de temps, l’heure des présentations a sonné !

Quand ils seront ressortis de la tour de l’Enchanteur, les enfants auront une mission à accomplir. Une mission qui sera loin d’être aisée, mais une louve les guidera…

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…jusqu’à sa sœur…

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…laquelle finira par leur demander de chercher ce jeune homme…

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…afin de l’aider à croiser la route de cette redoutable jeune dame.

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Oui, autrement dit, les enfants vont devoir commencer par jouer les marieurs. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Or, du succès de cette première étape dépend non seulement la suivante, qui fera l’objet d’un autre billet, mais aussi l’équilibre de beaucoup d’autres histoires, dont on pourrait pourtant croire à première vue qu’elles n’ont aucun rapport.

Mais n’oubliez pas, quiconque met le pied dans mes mondes, ou pose un œil sur ces lignes, se retrouve irrémédiablement embarqué dans un entrelacs de labyrinthes multidimensionnels.

Irrémédiable ne veut pas dire inextricable. Vous êtes cependant encore très loin d’avoir déniché la sortie. Mais le fait de suivre Rodica et Ion pendant quelques pages vous en rapprochera. Et eux se sentiront rassurés de vous savoir là.

Terre promise II — En attendant l’Été

Prologue

 

17 novembre 2015 — Paris 16 H

« Tu vas à Bucarest ? »

La voix, féminine, est presque acide. Oh, la sensation est discrète, à la limite du perceptible, mais je ne suis pas dupe. Elle n’est pas vraiment contente.

C’est une amie — Roumaine, bien sûr —, à qui je viens d’annoncer que deux jours plus tard, je dois prendre l’avion et m’envoler, pour la première fois, vers son pays qui, alors que je ne l’ai encore jamais vu, est déjà (a toujours été) pour moi comme une seconde patrie.

« Oui, non, c’est bien, reprend-elle, d’un ton plus doux, comme si elle s’en voulait un peu d’avoir si mal accueilli la nouvelle, mais… »

« Mais… » Il en dit long, ce « mais ». Du reste, ce n’est pas la première fois que je l’entends, depuis que je croise des Roumaines et des Roumains et que je leur parle de ma passion pour leur Terre. « Oui, Bucarest, c’est bien, mais… »

Ce qu’il sous-entend, ce « mais », c’est que Bucarest, ce n’est pas la Roumanie. Que la vraie Roumanie est ailleurs. À Brasov et Sibiu, vous affirmeront les gens de Transylvanie. À Iasi et dans les collines embrumées d’où jaillissent les monastères peints, vous assureront les Moldaves. Chez nous, se contenteront de sourire, plus sobres, mes amis de l’Arges.

Elle vient de Craiova, dans le sud-ouest, et ne me dit pas que sa ville incarne davantage la Roumanie, mieux que la capitale ne le pourra jamais. Mais elle n’en pense sans doute pas moins. Alors, j’éprouve le besoin de m’expliquer, de lui expliquer. C’est la première fois que je pars, lui rappelé-je. Et quand on se trouve face à une belle demeure entourée d’un jardin magnifique, il n’y a quand même qu’une seule façon d’y entrer quand on est invité.

Par la porte.

Pour moi, Bucarest allait forcément être cette porte. Sauf que lors de ce premier voyage qui n’a guère duré, en réalité, plus d’un jour et demi, c’est là que je suis resté : sur le pas de la porte. Je ne suis pas allé plus loin. Je ne le pouvais pas, peut-être aussi n’en avais-je pas envie, pas encore.

Je ne suis pas un voyageur téméraire, je ne suis pas du genre à parcourir l’Inde à pied avec quelques pièces en poche. Même ma chère Roumanie, je n’imagine de la découvrir qu’accompagné. Non que je craigne quoi que ce soit, mais parce que j’ai besoin que mes amis m’escortent, me guident, me racontent ce que chacun, chacune vit, voit, ressent.

Aller en Roumanie, pour moi, c’est apprendre et écouter. Et j’ai l’impression qu’il en sera ainsi pendant longtemps encore.

Impatiente, elle me laisse néanmoins lui asséner ma minuscule parabole sur la porte d’entrée, concède en grognant que, certes, bon, effectivement, c’est bien par là qu’il faut passer, « mais… »

21 mars 2016 — Roissy 10 H

J’attends, et déjà, je retrouve cette étrange sérénité que j’avais connue quatre mois plus tôt, lors de mon premier départ.

Elle ne va pas tarder à être mise à rude épreuve, mais ceci est une autre histoire.

Il y a quatre mois exactement, le 21 novembre, je suis rentré en France à l’issue de cette brève prise de contact, après être sagement resté sur le seuil de la belle demeure. Et le peu que j’avais entrevu alors m’avait profondément bouleversé.

Au point qu’aujourd’hui, à la veille d’embarquer pour ce deuxième voyage, je ne suis plus celui qui est parti la première fois. Et cela vaut mieux, car l’ancien moi n’aurait probablement pas survécu à ce que je vais vivre, et dont je ne sais rien encore, en dehors des grandes lignes du programme qui m’attend.

Dans vingt-quatre heures tout au plus, je vais comprendre ce fameux « mais… », dont je n’ai aucune idée malgré tout ce que j’ai lu, vu, écouté.

Dans vingt-quatre heures tout au plus, je vais commencer à subir une nouvelle métamorphose, à un point que, pour l’instant, je suis encore très loin d’imaginer.

Toujours aussi joyeuse, Bucarest ne me rate pas dès mon arrivée dans :

Terre promise II — En attendant l’Été (1)

Retour sur le pas de la porte

Et quelques humbles photos un peu énigmatiques en guise de bande-annonce de la suite…

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De mystérieuses stations-services, comme on n’en voit pas chez nous…

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De mystérieuses pâtisseries…

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De mystérieux engins…

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Un mystérieux bastion…

L’Été de la Reine

Et si, alors que l’hiver tarde, comme toujours, à s’installer chez nous, nous parlions d’été. Un été en particulier. L’été 1944.

Encore ? Oui. Parce que je crois que nous n’en aurons jamais fini de revenir sur cette guerre-là. Si seulement cela pouvait nous éviter de nous jeter tête baissée dans la prochaine. Mais je n’y crois pas. Vous me connaissez, pessimiste en diable (oui, j’ai bien dit en diable, et je l’ai fait exprès).

Au lieu de tirer les leçons des guerres précédentes, nous nous en servons au contraire pour justifier les suivantes.

Donc, si je choisis cet été-là, c’est d’une part, je le répète, parce que nous sommes loin d’avoir fait le tour de la question, et d’autre part parce que l’été en question a été riche en événements un peu partout en Europe et dans le monde, et pas seulement en Normandie…

Tout avait en réalité commencé au printemps de cette même année. À l’époque, la Roumanie faisait encore partie de l’Axe, une erreur de calcul (mais avait-elle vraiment le choix ?) qu’elle a chèrement payée, des années durant.

Et pour Bucarest, le 4 avril 1944, tout avait commencé comme ça :

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Résultat, après le passage des bombardiers américains, la capitale roumaine déplorait, pour la seul journée du 4 avril, 2 942 tués et 2 411 blessés.

La 15th Air Force américaine et la RAF étaient ensuite revenues frapper les grandes villes du pays, ses infrastructures et, bien sûr, les installations pétrolières de Ploesti.

C’est en lisant un article à ce propos dans l’excellente revue Historia (la version roumaine, évidemment, vous imaginez un sujet comme ça traité par l’un ou l’autre de nos magazines historiques ?) que je suis tombé sur ce petit passage tragicomique : “Ceux qui étaient en âge d’être scolarisés entrèrent alors sans le vouloir dans la plus longue période de vacances de leur vie, qui dura d’avril à octobre. Beaucoup durent secrètement remercier les Américains pour ces bombardements à l’origine de leurs vacances.”

Les habitants des grandes villes, en effet, quand ils le purent, décidèrent d’envoyer leurs enfants se réfugier à la campagne.

Et c’est ainsi qu’au bout de mon trajet de RER matinal, je me suis retrouvé avec une histoire toute neuve, dont je vais vous donner maintenant quelques éléments.

 

L’Été de la Reine

Roumanie, région de l’Arges, juin 1944.

Ion a 6 ans, et il passe, il en est sûr, les plus belles vacances de sa vie. Avec sa mère, ils ont quitté Bucarest dès la mi-avril, alors que les bombardements alliés se multipliaient, pour se réfugier dans le village de ses grands-parents maternels, blotti dans les contreforts sud des Carpates.

Et depuis qu’il est là, il mène une existence paisible, pleine d’aventures et de rêves. Bien sûr, il y a les diverses corvées qu’il n’est déjà plus trop petit pour accomplir, et dont son bunicul (son grand-père), un peu sévère, ne manque jamais de le charger. Il y a aussi les devoirs que sa mère, désespérée, tente de lui imposer : un peu de lecture, un peu de calcul. Jamais rien de bien méchant, jamais assez, en tout cas, pour l’empêcher de s’éclipser dans la chaleur de ce mois de juin crucial pour toute l’Europe.

Et quand le petit Ion s’éclipse, c’est pour retrouver sa chère, nouvelle amie : la grande Rodica.

Rodica est une vraie grande. Pensez, elle a 12 ans. Rodica sait des choses, beaucoup de choses, ce qui impressionne le petit Ion. Et puis, elle a ces yeux noirs qui semblent vous transpercer quand elle n’est pas contente, et qui s’illuminent dès qu’elle sourit. Heureusement, elle sourit plus souvent qu’elle n’est en colère. Et de longs cheveux châtain coiffés en une longue tresse qui danse derrière elle quand elle court, à laquelle Ion aimerait s’accrocher pour se laisser emporter à sa suite.

Rodica habite chez sa grand-mère, à deux maisons de chez ses grands-parents, et dès qu’il est libre, c’est chez elle qu’il accourt, le cœur battant.

Il est un peu amoureux, Ion, même s’il ne sait pas que ça s’appelle comme ça.

Pour Ion, les journées d’été se suivent et, à cause des corvées du grand-père, se ressemblent, mais grâce à Rodica, elles ne ressemblent jamais complètement non plus.

Car si elle sait des choses, Rodica a aussi des idées. Et elle a décidé, elle qui vient de la vilaine ville de Ploesti, si souvent bombardée par les Alliés à cause de tout le pétrole que l’on y trouve, qu’elle ne rentrerait jamais chez elle, et qu’elle consacrerait toute sa vie à découvrir les secrets des montagnes.

Et Ion, fidèle assistant de la grande exploratrice, est ravi de prendre part à l’aventure.

Leurs expéditions se déroulent le plus souvent en deux temps. Ils se retrouvent un peu avant le déjeuner, moment où Rodica lui annonce le programme de la journée. Puis, une fois que tout le village, bêtes et hommes, s’assoupit dans la chaleur écrasante de l’après-midi, ils s’élancent.

Parfois, ils ne vont pas bien loin. Juste au bout d’un champ ou à l’orée d’une clairière. Là, ils s’allongent et contemplent le ciel, voient passer les vagues de points noirs grondant qui s’en vont porter la mort et le feu de l’autre côté des montagnes, laissant derrière eux la résille mouvante de leurs traînées de condensation.

Par deux fois, ils assistent même à des combats aériens, et suivent, fascinés, le ballet fou des chasseurs qui se poursuivent, ne sachant plus trop pour qui ils sont.

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Mais parfois, la grande exploratrice décrète qu’il leur faut s’enfoncer dans les forêts qui couvrent les flancs des montagnes. Et Ion la suit, même si, secrètement, il a toujours un peu peur.

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C’est qu’elles sont pleines de légendes, ces forêts, et que les vieux du village, même le redoutable bunicul de Ion, racontent bien des choses terribles à leur sujet. Des choses terribles que Rodica veut voir de ses yeux. Pour y croire. Ou en rire. Elle est comme ça, Rodica.

Ainsi, un jour, dans le creux d’une étrange vallée un peu sombre, et alors qu’ils sont déjà en retard et savent l’un et l’autre qu’ils vont se faire sérieusement gronder à leur retour, ils aperçoivent une vieille tour à demi en ruine.

C’est là que commencera véritablement leur aventure, là que débutera l’Été de la Reine.

Et, non, en dépit des apparences, ce n’est pas un conte pour enfants…

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Quarante ans. C’est long, pour une histoire d’amour. D’ordinaire, on raconte qu’elles ne durent pas, et qu’elles finissent mal, en général. Pas cette histoire-là. Une femme ? Bien sûr. Mais pas seulement, et pas depuis quarante ans. Mais avec son pays, leur pays, en revanche…

19 novembre 2015 — Roissy 15 H

Étrangement calme. J’aimerais vous raconter que j’ai le cœur qui bat à tout rompre, que je brûle d’une impatience presque maladive, que je n’arrive plus à me concentrer sur quoi que ce soit tant je suis rongé par l’expectative, comme un gosse qui tourne et se retourne dans son lit durant la nuit de Noël. Mais il n’en est rien.

Je suis, au contraire, étrangement calme. Apaisé. Peut-être est-ce le fait de savoir que cette fois, les contrôles divers et variés étant franchis — depuis quatorze ans, grâce à quelques abrutis meurtriers et autant de gouvernements guère plus malins qu’eux, il n’est plus possible d’associer un voyage en avion à un simple plaisir, tout n’est plus que contrainte, chicanes et mesquineries administratives —, plus rien ne va m’empêcher d’atteindre mon but.

Et quel but !

Le terminal 2E est lui aussi extraordinairement paisible. La destination, en dehors de ceux qui rentrent chez eux, n’attire que quelques fous dans mon genre.

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La présence incongrue d’une boîte postale et le calme étrange d’un terminal. © Iulia Badea-Guéritée

Alors, j’attends. Mes compagnons de voyage devinent bien comme l’esquisse d’un sourire sur mes lèvres, un sourire qui s’entête et ne veut pas disparaître. Et qui va aller s’élargissant dans les heures qui viennent.

Mais c’est tout. Et ce calme-là est déjà une bonne chose, signe avant-coureur de tant d’autres.

Comment peut-on tomber amoureux d’un pays dont on ne parle jamais et que l’on n’a jamais vu ?

Il a suffi d’un écran de télévision, par un bel été dans le sud de l’Angleterre, il y a bientôt quarante ans. Un écran de télévision où un incroyable feu follet est apparu et s’est mis à danser, sauter, pirouetter et virevolter, entre des barres, sur une poutre, sur un tapis. Un feu follet aux grands yeux noirs, graves, et à la peau pâle, si pâle, que l’auteur de ces lignes, sans bien comprendre ce qui lui arrivait à l’époque, en est tombé amoureux.

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Un feu follet…

Il n’était pas bien vieux, et forcément mal équipé pour expliquer ce qu’il ressentait. Le pays du feu follet, il n’en avait, jusqu’alors, presque jamais entendu parler. Il avait bien lu Tintin et le sceptre d’Ottokar, avec cette Syldavie d’opérette assez délibérément inspirée du pays en question, dans sa version des années Trente. Et Le château des Carpates. Sans pour autant faire le lien.

Son séjour estival outre-Manche terminé, sentant comme un creux inexplicable entre ses côtes et au niveau de son œsophage, il a alors entrepris d’en savoir plus sur la terre natale du feu follet.

Il venait ainsi de mettre le doigt dans un délicieux engrenage dont il ne s’extirperait plus jamais. Dont il ne veut toujours pas s’extirper.

Preuve que les histoires d’amour, ça peut effectivement durer quarante ans. Et même ne jamais prendre fin…

19 novembre 2015 — Roissy 15 H 45

“Buna ziua.” L’hôtesse est évidemment jolie, et par ces simples mots, elle me fait comprendre que je suis déjà, enfin en train de passer de l’autre côté.

Dans trois heures, j’y serai. Mon cœur va-t-il se décider à s’emballer, cette fois ? Un petit peu, quand même.

En réalité, ce qui se passe en moi est plus complexe. C’est plutôt comme si j’avais le sentiment que les choses se mettaient finalement en place. Car au bout de quarante ans de passion, de lecture, d’écriture, et de rencontres toujours merveilleuses, c’est aujourd’hui la première fois que je pars en Roumanie, cet autre “chez moi”, virtuel, romantique, onirique.

Seulement maintenant ? En quarante ans, je n’ai jamais trouvé le moyen d’y aller ? N’est-ce pas plutôt que je repoussais l’échéance ? De peur, peut-être, de voir mon rêve se dissiper une fois atteint ?

Rien ne saurait être plus loin de la vérité.

D’ailleurs, quelques-uns de mes amis roumains me l’avaient dit, et j’avais trouvé leur inquiétude touchante : “J’espère que tu ne seras pas déçu.”

(Le moment d’une parenthèse me semble venu :

Je me rends bien compte que, pour beaucoup de mes lectrices et lecteurs français, je suis plus ou moins en train de dire n’importe quoi. Comment est-il possible de s’enflammer à ce point pour cette région de l’Europe quand nous, en Occident, nous enthousiasmons si aisément, et constamment, pour d’autres ailleurs, plus colorés, plus chauds, plus exotiques, plus dans le vent : la Chine, le Brésil, les Etats-Unis, les déserts où qu’ils se trouvent ? Tout, mais pas, jamais l’Europe de l’Est, que nos intellectuels, le plus souvent, continuent d’associer sans réfléchir à la grisaille, la lourdeur, la tristesse. Et que beaucoup, ne nous voilons pas la face, méprisent purement et simplement.

Un jour, dans l’hebdomadaire où je travaille, alors que nous discutions de l’éventualité de consacrer plusieurs pages à la Roumanie à la veille du Salon du Livre de Paris 2013, dont elle était le pays invité (ce qui, en soi, était déjà surprenant), une collègue a brutalement torpillé mes ambitions en déclarant froidement : “Moi, la Roumanie, ça ne me fait pas rêver…”

Moi si. Aujourd’hui plus qu’hier, et moins que demain. Et si vous ne comprenez pas, je n’y peux rien. J’ai essayé d’expliquer : j’ai évoqué l’Histoire, fascinante, la musique, qui m’emporte, la beauté, des paysages et des gens. Mais en fait, l’amour, ça ne s’explique pas.)

Non, je ne serai pas déçu, je le sais déjà. Avec moi, la Roumanie part gagnante, elle ne peut pas me décevoir. Pourquoi ? Parce que je ne la juge pas. Et parce que je ne m’attends à rien de précis. Je viens pour voir, pour écouter, goûter et apprendre.

Je sais ce que redoutaient mes amis. Que je sois horrifié, rebuté, ou juste désarçonné par les contrastes violents qui m’attendent, par la ruine qui côtoie la richesse, par les contradictions omniprésentes, par la misère, ce qu’eux perçoivent comme la brutalité de leur société. Mais qu’ils se rassurent. Si c’est la première fois que je viens chez eux, “chez moi”, ce n’est pas la première que je me rends à l’Est. Je suis bien souvent allé en Ukraine, une société infiniment plus brute que son équivalent roumain. Et je suis aussi allé encore plus au nord et à l’est, dans la capitale de la brutalité par excellence, celle d’un empire qui refuse d’admettre qu’il a disparu et qui n’a de cesse de rappeler à ses voisins (ses vassaux ?) qu’ils lui appartiennent encore et toujours : Moscou. Et même à cette vilaine citadelle rouge et noire, j’ai trouvé des qualités et des charmes.

Alors, mes amis ne doivent pas avoir peur, leur terre va me plaire, elle va plus que me plaire : je vais l’aimer.

S’intéresser au pays, à sa langue et à son peuple, en France à la fin des années Soixante-dix et au début des années Quatre-vingt, c’est se heurter quasiment au néant.

Il est encore au lycée qu’il décide d’apprendre la langue. Or, il ne vit même pas à Paris, mais en province, dans une ville sans grande importance, où il ne peut espérer trouver ni méthodes, ni professeur. Tout ce qu’il peut faire, c’est, à la bibliothèque de son établissement, lire et relire l’article, modeste, que l’Encyclopædia universalis consacre à l’objet de ses rêves. Un jour, dans une librairie, il s’achète aussi un guide touristique, qu’il finit par connaître presque par cœur.

Et c’est tout.

Quand il le peut, il suit les matchs de rugby — originaire du sud-ouest, sa famille aime ce sport et lui a communiqué ce goût-là — de l’équipe en bleu-jaune-rouge, lors de ses tournées à l’Ouest. Il détaille les revues historiques sur la Première et la Seconde Guerre mondiale, en isolant, tel un chirurgien, les passages qui concernent les combats menés par le petit royaume. Mais ils sont si rares, et la plupart du temps si irrespectueux ou indifférents qu’ils le laissent toujours sur sa faim, quand ils n’éveillent pas en lui un sentiment de colère.

Il s’efforce obstinément de partager sa passion avec ses proches, qui l’écoutent avec curiosité, sans comprendre ce qui le fascine ainsi dans ce pays qui ne les a jamais intéressés, et avec ses parents qui, eux, ne l’écoutent pas.

Petit à petit, il s’habitue à ce silence, apprend à se taire, à ne plus en parler qu’à ses amis les plus fidèles.

Tout en se jurant que cette langue, il l’apprendra, et qu’un jour, il partira, là-bas.

19 novembre 2015 — Dans le ciel 19 H

L’avion tremble et ballotte depuis déjà quelques minutes. Des turbulences. Je ne suis pas vraiment inquiet, mais quand même, ça dure. Calmement, Iulia, ma compagne de voyage à qui je dois en grande partie d’être à bord ce soir-là, m’explique que nous sommes en train de survoler les Carpates, et que c’est toujours comme ça à ce moment du voyage.

Mon sourire, que j’ai de plus en plus de mal à contrôler, s’élargit. Les Carpates ! Qui viennent de fêter mon passage en secouant sans ménagement l’Airbus dans lequel je suis assis.

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Ravies de me voir arriver, qu’elles étaient. © http://www.travmonkey.com/8-reasons-visit-romania/

Ce n’est déjà plus un rêve. Dans une heure, nous nous poserons.

Oui, c’est à Iulia Badea-Guéritée que je dois d’être là, elle qui m’a convaincu de rédiger des essais pour deux recueils publiés par les éditions Adenium : un, Je suis Charlie ?, sur les conséquences de l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, en janvier, l’autre, le plus récent, sur le dialogue entre les religions dans l’Europe unie (ceux qui me connaissent ne manqueront pas d’être surpris que j’aie pu y participer, et pourtant). C’est à l’occasion du lancement de ce dernier que me voilà invité à venir à Bucarest, avec l’aimable et généreuse complicité de Radu Magdin et de Smartlink Communications.

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La sortie d’un nouveau livre est toujours un moment exceptionnel, magique.

Demain, je dois prendre part à la présentation de notre ouvrage collectif, qui rassemble quarante-cinq textes et dialogues, et des auteurs roumains et français, bien sûr, mais aussi anglo-saxons, catalan, hongrois. Tous ne seront pas là, bien sûr, et je suis honoré, justement, d’avoir la chance de pouvoir assister à l’événement.

Un honneur qui se double d’une joie sans limites, celle de voir quarante ans de patience sur le point d’être récompensés par ce qui est, pour moi, le plus beau des cadeaux.

J’arrive…

Retrouvez bientôt la suite de mon voyage et de mes impressions dans la deuxième partie :

Terre promise (2)

D’une auberge à l’autre

Une trilogie bucarestoise

Une nouvelle idée.

Qui permet de recycler de l’ancien. Tout en faisant du nouveau. Ce qui, après tout, est plus ou moins la recette de base de la création, non ?

On s’en fout. Le temps est venu pour moi de vous parler de L’ombre du Lombric. un truc pas drôle du tout, et pourtant.

Un truc un peu barré qui, je l’espère, ira aussi loin que mon ami Marc* voudra bien le porter.

Bref. Le hasard des rencontres, des passions, et voilà.

Cette fois, nous sommes à Bucarest, de nos jours. Un serial killer se met soudain à ébranler la quiétude d’une des capitales les plus sûres d’Europe, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

Un détective privé français (oui, je sais, qu’est-ce qu’il fait là ?) se retrouve impliqué. Ce qui nous emmène là :

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Ou encore là…8426878883_531613727d

Alors, bon, le titre parle de trilogie, donc, même si ladite trilogie s’annonce “bucarestoise”, on ira aussi se promener plus au nord, dans les Carpates, forcément…muntii-leaota-din-carpatii-meridionali

Et, à un moment donné, le sinistre passé communiste nous rattrapera, comment lui échapper ?

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Mais notre héros, cet étrange quinquagénaire qui aura élu domicile dans le “petit Paris des Balkans”, aura d’autres préoccupations.

Des préoccupations qui le regarderont un peu de cet air-là :

Hazel_EYEs_by_poetic09starEh oui, dans la région, les yeux verts sont courants, et ils ne pardonnent pas.

Dans le doute, notre héros, un peu dépassé par la folie ambiante, pourra toujours compter sur son vieil allié…

mauser c96 flatside cal 30-01Lequel reste la meilleure façon de régler les problèmes.

Jusqu’à ce qu’un regard vert de trop vienne perturber ce bel équilibre…

Et musicalement, nous passerons de la Roumanie la plus ancestrale…

…à la plus romantique…

…pour atteindre la plus… moderne ?

Si vous écoutez bien, si vous avez la patience d’écouter, en effet, car, pour les gens normaux, pas les fous comme moi, it’s an acquired taste. Moi, j’ai aimé leur musique d’emblée. Bref, disais-je, si vous écoutez bien, vous sentirez à quel point l’âme de ce peuple est dans sa musique.

Quoi qu’il en soit, pour les plus curieux d’entre vous, un peu de courage : le temps d’écrire tout ça, et vous pourrez la découvrir, ma trilogie bucarestoise !

Le temps pour l’auteur de ces lignes d’aller s’imprégner de tout ça sur place, et ce sera chose faite…

* Attention, j’ai un autre ami Marc, beaucoup plus ancien, éternel guerrier et magicien, qui mériterait, à lui seul, comme quelques autres, que je lui consacre un blog entier ! Ce qui pourrait bien arriver, d’ailleurs.

L’Épouse à somme nulle

Allez, c’est ici que vont donc commencer ces autres récits que je vous évoquais .

Le premier dont je vais vous parler porte le titre, étrange, et délibérément énigmatique, de L’Épouse à somme nulle. Toute l’histoire, dans ses grandes lignes, m’est venue en rêve, une nuit de mars ou avril 2013. Je suis coutumier du fait, et je ne suis sans doute pas le seul.

Toujours est-il qu’en me réveillant le lendemain matin, j’avais le début, le milieu et la fin. Et le titre. Autrement dit, il ne me restait plus qu’à me mettre au travail.

Deux ans plus tard, l’histoire s’est considérablement étoffée. il y est question d’un jeune homme, un Français qui, au début des années 80, fait ses études aux États-Unis. Tout démarre par une virée entre amis au début de septembre 1981, sur les rives du Green Lake, dans le Michigan. Ils sont cinq, notre héros, trois jeunes Américains et une magnifique jeune Américaine, Molly. Dont notre petit Français est, bien sûr, secrètement amoureux.

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Green Lake, où tout commence…

Au cours de leur séjour sur le Green Lake, un incident va se produire qui va bouleverser leurs existences à tous, et qui va lancer certains d’entre eux dans une fuite éperdue, d’autres dans une course-poursuite effrénée.

Qui verra notre héros parcourir le globe, enfin, une partie, tout du moins, jusqu’à ce que l’aventure se termine plus tard, beaucoup plus tard, en 2025 sur les flancs des Carpates.

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Là où rôde la Fata padurii, et où tout se terminera…

En règle générale, je ne peux pas commencer à écrire une de mes histoires avant de lui avoir composé une playlist aussi complète que possible. Pour l’instant, celle de L’Épouse comprend vingt-cinq morceaux et dure 2 H 40. Assez pour que je puisse m’atteler à la rédaction. Tout en travaillant sur autre chose, dont je vous parlerai une autre fois, je sais maintenant que je ne vais pas tarder à attaquer l’écriture de cette histoire si curieuse. Un peu horrible, et désespérément romantique aussi.

Je me servirai de la playlist en question — qui va de Hall & Oates à Górecki en passant par Caleb, Aes Dana, Phobium, ou encore Tricky, Zero 7 et même la bande originale de Predator 2, d’Alan Silvestri — pour vous livrer ce récit, chapitre par chapitre, et vous entraîner à la suite de notre héros et de Molly depuis le Michigan reaganien jusqu’à une Roumanie dans un futur bien proche et sans doute très différent de ce qu’il sera dans notre réalité.

Alors, qui est L’Épouse à somme nulle ? Molly ? Une autre ? Rendez-vous bientôt pour vous en dire plus, avec une introduction intitulée, tout simplement, Générique…

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