hmmeABwz4MWH3eelrMpq97dU6BwNon, pas comme ça, même si cette image-là est pour moi lourde de sens et que j’y reviendrai sans doute un jour.

Mais plutôt comme ça :

200px-Bridge_in_kiev_1056-1Ou comme ça :

Бессарабский_мостBref.

Tout ça pour dire qu’au fil des rencontres, au fil des passions, un jour, je me suis dit que je me verrais bien en pont. Va donc, eh, tête de pont.

Certes.

Oui, un temps, je me suis rêvé en passerelle entre les deux terres qui comptent le plus pour moi, entre les deux peuples qui sont comme des frères que je ne comprends pas forcément tout le temps, mais pour qui je serai toujours prêt à tout donner.

Un temps, j’ai rêvé d’être un lien entre l’Ukraine et la Roumanie. Entre ma plus vieille et si chère amie, et l’amour de ma vie.

Quand je suis en Roumanie, outre le fait que je passe mon temps à dire aux Roumains à quel point je les aime et je les admire, à quel point je ne suis parmi eux que pour écouter et apprendre, j’aime à leur parler de l’Ukraine. Ce qui n’est pas si simple, car les Roumains n’aiment aucun de leurs voisins, ou presque. Il y a à cela des raisons historiques, et je ne leur jetterai pas la pierre. Mais en même temps, je décèle en eux, quand il s’agit de cette pauvre Ukraine, martyre éternelle, comme une certaine tendresse. Alors, je persévère.

La preuve ? Cette année devrait être publié en roumain, aux éditions Libris de Brasov, le premier tome de ma trilogie « Vosminih », qui se déroule en Ukraine, de nos jours.

Et quand je suis en Ukraine, outre le fait que je passe mon temps à dire aux Ukrainiens à quel point je les aime et je les admire, à quel point je ne suis parmi eux que pour écouter et apprendre, j’aime à leur parler de la Roumanie. Ce qui n’est pas si simple, car les Ukrainiens ont souvent, hélas, de leurs voisins, une vision absurde héritée de cet empire qui, tout en les écrasant, leur a appris à mépriser tout ce qui n’était pas impérial. Mais en même temps, je décèle en eux, quand il s’agit de cette étrange Roumanie, pétillante et si proche, un indéniable intérêt. Alors, je persévère.

La preuve ? Dans Le Roi de soufre — Révolution, qui doit sortir cette année traduit en ukrainien, un flic roumain, l’inspecteur-chef Sorescu, est mentionné.

Tout comme je m’entête à vouloir parler de ma plus vieille amie et de l’amour de ma vie aux Français qui m’entourent. Quelques-uns me suivent, d’autres s’en lassent, la plupart s’en moquent.

Et pourtant, je persévère.

Serait-ce là la vocation d’un pont ?

De ne jamais céder ?