L'Œil de Saphir et autres contes

Des mondes à conquérir, ou à reconquérir

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Noces d’émeraude

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Deux lacs. Deux lacs d’émeraude pailletés d’or. Deux grands yeux qui me dévisagent, qui me disent tout, qui comprennent tout.

Et ce regard, je ne l’aurais jamais croisé si…

Un jour…

Ce moment étrange, impensable, presque idiot, symbole de la fragilité de nos existences, de nos destins, je l’ai déjà évoqué, ailleurs, et je ne tiens pas à ce que les lignes ci-dessous soient simplement une redite de ces premières réflexions.

Mais quand même, quand on y songe, à quoi tient l’orientation, l’envie, la logique de toute une vie ?

À rien ou presque. Quelques secondes suffisent. Et il suffit de repenser à tout ce qui aurait pu se conjuguer, si aisément, afin que tout cela ne soit jamais, pour en avoir le vertige. Un vertige terrifiant, car sans fin.

Qui sait à côté de quoi nous passons, sommes tous passés au moins une fois dans nos vies ? Moi pas, certes. Dois-je m’en féliciter, m’en réjouir pour autant ?

Non.

Je ne sais plus qui a dit que le fait de savoir dire non était le premier pas vers la véritable indépendance. En fait, peut-être personne ne l’a-t-il jamais dit, peut-être l’inventé-je, comme j’ai peut-être inventé tout le reste, toute cette histoire née il y a quarante ans, par accident, par une belle après-midi de juillet, en Angleterre, dans cette bourgade du Surrey où H. G. Wells avait décidé de faire débarquer ses Martiens.

Ce jour-là, les Martiens, ils étaient deux. Il y avait moi, dans un coin d’un canapé trop grand pour moi — de toute façon, tout est toujours trop grand pour moi, je m’y étais déjà habitué. L’autre Martien était une Martienne. Enfin, peut-être pas Martienne, mais assurément pas de ce monde, du moins du nôtre. Et pour cause.

Toute petite, mince, blanche et brune. Et dorée. Rapide, souple, gracieuse. C’est tout juste si je n’entends pas encore mon cœur faire un curieux bruit de verre brisé à son apparition, la première fois, à l’écran.

Pourquoi ? Voilà la question, toute simple, que je me pose aujourd’hui, quarante ans après. Et pour tout dire, je ne me la suis jamais posée avant. Avant le 21 novembre 2015. Autrement dit, je suis resté près de trente-neuf ans sans m’interroger, sans m’étonner de ce qui, somme toute, n’avait pourtant rien de « normal », d’habituel.

Ne brûlons pas les étapes, même dans ce pauvre petit texte.

19 juillet 1976.

À Montréal, loin là-bas de l’autre côté de l’océan, c’est le matin, et le début des épreuves de gymnastique. Un feu follet s’échauffe, sans se douter qu’il va bouleverser, dans quelques heures, et dans les trois jours qui vont suivre, sa propre existence, et celle de bien d’autres. Et la mienne, même s’il n’en sait évidemment rien, et du reste, pourquoi s’en soucierait-il ?

Les deux lacs d’émeraude me sourient, et se moquent de moi. Oh, gentiment bien sûr, mais ils se moquent de moi malgré tout. C’est que je suis un peu ridicule, à force, avec cette passion effrénée, inexplicable, impossible à assouvir.

Impossible à assouvir ? Oui, j’en suis maintenant douloureusement conscient, mais là encore, ne brûlons pas les étapes. Ridicule ? Peut-être suis-je un peu dur avec moi-même. Mais en même temps, si, j’ai parfois tant l’impression d’être à contre-courant, ou hors le temps et l’espace, dans ma passion, que je ne peux qu’être le premier à rire de moi. Avant même les grands yeux verts et leur pétillement ironique. Au moins, je les aurai pris de vitesse. Ou plutôt, je ne les aurai pas attendus. Enfin, là encore, je mens, ces deux yeux-là, je les ai attendus toute ma vie. Je les attends encore.

La télévision, qui me semble énorme, est posée à même la moquette (chez moi, elle trône sur une tablette à roulettes prévue à cet effet, et elle est deux fois plus petite). Elle est en couleurs (chez moi, en noir et blanc). Et toute la journée, en anglais, elle m’offre un spectacle totalement inhabituel pour moi. Des séries de science-fiction auxquelles on n’a toujours pas droit en France, allez savoir pourquoi. Et du sport. Des sports. Les Jeux Olympiques.

Les amis chez qui je réside pendant ces trois semaines sont de grands amoureux de toutes les activités sportives (chez moi, on n’aime que le rugby, et le Tour de France, en noir et blanc, imaginez un peu).

Tout est déjà un autre monde. Et là, assis dans mon coin de canapé trop grand pour moi, soudain, sur l’écran, apparaît donc une petite jeune fille brune, toute pâle, moulée dans un maillot blanc, aux bandes azur, or et feu. Avec une jolie queue de cheval — ce qui, de tout temps, avec les tresses et les chignons, m’a toujours fait craquer — et des yeux noirs, cernés, si graves, si tristes. Je ne comprends pas ce qu’elle va faire, je ne connais rien à sa discipline. Tout ce que je vois écrit, c’est son nom, si joliment étrange, et celui, indissociable, de son pays, simplifié, comme toujours dans ces compétitions internationales, en trois lettres : ROM.

Elle s’élance, bondit, m’entraîne avec elle.

Et je suis à tout jamais perdu. Pour la France. Pour l’Occident. Pour ce qu’il convient, sous nos latitudes, d’aimer ou de ne pas aimer, de défendre ou de ne pas défendre.

ROM. Je suis fichu.

Quarante ans plus tard, qu’en reste-t-il ? Ce n’est pas la bonne question, pas du tout. Car je ne peux y répondre en disant qu’il en « reste » quelque chose. Ce n’est pas qu’il en « reste » quelque chose, c’est que c’est devenu pratiquement toute ma vie, à part égale, et entremêlée, avec ma passion inépuisable pour le fantastique, ce qui est évidemment lié.

Quoi ? Quarante ans plus tard, je suis encore amoureux d’une femme que je n’ai jamais rencontrée et que je n’ai quasiment vue que jeune fille, lors d’épreuves sportives retransmises à la télévision ?

Non.

Ce qui s’est passé, ce jour de juillet 1976, c’est que le feu follet m’a injecté un virus dont je ne me suis jamais remis. Le virus de sa Terre. Et c’est de cette dernière que je ne suis pas guéri, que je suis encore amoureux aujourd’hui, plus qu’hier, moins que demain, ce que j’ai d’ailleurs compris il y a quelques mois.

Et maintenant, il ne s’agit plus de brûler les étapes, mais de rentrer dans le vif du sujet.

En cette deuxième moitié de juillet 2016, je fête mes noces d’émeraude avec la Roumanie. Curieuses noces, en vérité, où la mariée ne saurait guère qu’il y a eu épousailles.

Toujours est-il qu’il y a quarante ans, grâce à un enchaînement de hasards frisant le miraculeux, je suis tombé éperdument amoureux d’une culture, d’une langue, d’une histoire, et d’un peuple.

Je l’ai dit, je l’ai déjà exprimé ailleurs, sans doute mieux, mon humeur était alors autre. Aujourd’hui, alors que je voulais rédiger un texte grandiose, poétique, pour célébrer cette liaison sans failles — car de cela au moins je suis sûr, je n’ai jamais faibli dans ma passion —, alors que je rêvais de brosser une sorte de fresque où je me serais mis en scène dans mon lien indestructible à la Terre, je m’en trouve incapable. Comme paralysé.

Qu’ajouter, en effet, à ce que j’ai déjà écrit, sinon que la Roumanie fait partie intégrante de ma vie, même si jamais je ne pourrai en parler convenablement la langue, même si les Roumains resteront à jamais perplexes face à ce que je ressens pour leur patrie.

Peut-être est-il satisfaisant de se dire qu’au bout de quarante ans, ladite passion est justement intacte. Non, pas intacte. Qu’elle a encore grandi. Et pour cela, il a fallu que j’y aille.

Mon amour pour la Roumanie se décompose en deux époques. Il y a eu le temps où je rêvais d’y aller, ces trente-neuf longues années où, malgré toutes mes lectures, toutes mes rencontres, je n’avais qu’une idée très imparfaite de ce que j’allais trouver le jour où j’y mettrais enfin les pieds. Cette longue période a été celle d’un manque imaginaire, celle de la patiente construction d’un désir, renforcé par les liens puissants que j’ai établis au fil du temps avec quelques paires d’yeux, fauves ou verts.

Et puis, il y a l’autre époque, celle que je vis maintenant. Car j’y suis allé, enfin. J’ai vu, goûté, écouté, entendu, regardé, observé, découvert, et lu, bien sûr. Puis je suis rentré en France, le ventre tordu par l’envie sauvage de repartir. Alors j’y suis retourné, plus longtemps, et j’ai voyagé, parcouru, et toujours regardé, écouté, appris, savouré, dégusté. Puis je suis revenu, toute mon âme incendiée par le désir brutal, animal, de reprendre aussitôt l’avion.

J’y retourne dans un mois. J’ai le cœur qui bat plus vite à mesure que passent les jours.

Et j’ai peur. Mon séjour sera, une fois encore, un peu plus long que le précédent, et ce sera le troisième en neuf mois. Je sais ce que je vais retrouver, ne sais pas, ce qui est merveilleux, ce que je vais trouver de nouveau.

Mais je sais aussi qu’à mon retour, la fusion de mon réacteur nucléaire atteindra de nouvelles proportions, encore plus cataclysmiques. C’est de cela que j’ai peur, car je sais aussi que je n’y peux rien.

Quarante ans plus tard, je devine, dans les deux grands lacs d’émeraude pailletés d’or qui me dévisagent, autre chose que de la moquerie. Il y a de la tendresse, quand même, dans ce regard qui m’a transpercé et me transperce encore, ce regard qui s’est joué et se joue de moi — ce petit Français vieillissant, avec sa passion infantile pour nous, il a quelque chose d’attendrissant, après tout. Mais j’y décèle de l’agacement aussi. De l’agacement à l’idée que plus je retourne dans ma Terre promise, plus je l’aime, et moins je suis capable d’expliquer pourquoi je l’aime, pourquoi je les aime.

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Tant pis, quitte à ne plus pouvoir un jour arriver à seulement en parler de façon intelligible, j’y retourne quand même. Et y retournerai, encore et encore.

Jusqu’à ce qu’amour s’en suive…

L’Été de la Reine (2) Nouvelles têtes

En ce moment, L’Été de la Reine est ma priorité. Quand j’aurai atteint les cinquante premières pages du texte, je le soumettrai à une éditrice (ah, ça y est, ça recommence déjà à ricaner, au fond), et en fonction de sa réponse, j’en ferai alors ma priorité définitive pour 2016-2017, ou le récit devra attendre un peu, que je m’occupe d’une autre affaire, prévue elle, si tout va bien, pour 2018.

Le mois prochain, ma priorité sera autre, puisque je consacrerai le temps dont je disposerai au bouclage de la rédaction de la version longue de Terre promise.

Mais en attendant, donc, ce sont les exploits du petit Ion et de la grande Rodica, quelque part dans l’Arges, sur le flanc sud des Carpates, durant cet interminable été 1944, sur lesquels je me penche ces jours-ci.

Toute leur histoire est désormais soigneusement ficelée (dans ma tête et sous forme de plan). Leur aventure, cruciale pour l’avenir de plus d’un monde, va leur valoir bien des surprises, bien des rencontres. Et c’est pour vous présenter quelques-unes de ces nouvelles têtes que j’ai choisi d’écrire ce petit billet. L’idée étant, comme toujours, de vous laisser entrevoir certaines choses sans trop vous en dire.

Celles et ceux qui sont intéressés savent où me trouver (sur Facebook, par exemple), et n’auront alors qu’à se manifester pour avoir droit en cadeau aux cinquante premières pages du roman.

Allons, ne perdons plus de temps, l’heure des présentations a sonné !

Quand ils seront ressortis de la tour de l’Enchanteur, les enfants auront une mission à accomplir. Une mission qui sera loin d’être aisée, mais une louve les guidera…

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…jusqu’à sa sœur…

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…laquelle finira par leur demander de chercher ce jeune homme…

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…afin de l’aider à croiser la route de cette redoutable jeune dame.

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Oui, autrement dit, les enfants vont devoir commencer par jouer les marieurs. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Or, du succès de cette première étape dépend non seulement la suivante, qui fera l’objet d’un autre billet, mais aussi l’équilibre de beaucoup d’autres histoires, dont on pourrait pourtant croire à première vue qu’elles n’ont aucun rapport.

Mais n’oubliez pas, quiconque met le pied dans mes mondes, ou pose un œil sur ces lignes, se retrouve irrémédiablement embarqué dans un entrelacs de labyrinthes multidimensionnels.

Irrémédiable ne veut pas dire inextricable. Vous êtes cependant encore très loin d’avoir déniché la sortie. Mais le fait de suivre Rodica et Ion pendant quelques pages vous en rapprochera. Et eux se sentiront rassurés de vous savoir là.

L’Été de la Reine

Et si, alors que l’hiver tarde, comme toujours, à s’installer chez nous, nous parlions d’été. Un été en particulier. L’été 1944.

Encore ? Oui. Parce que je crois que nous n’en aurons jamais fini de revenir sur cette guerre-là. Si seulement cela pouvait nous éviter de nous jeter tête baissée dans la prochaine. Mais je n’y crois pas. Vous me connaissez, pessimiste en diable (oui, j’ai bien dit en diable, et je l’ai fait exprès).

Au lieu de tirer les leçons des guerres précédentes, nous nous en servons au contraire pour justifier les suivantes.

Donc, si je choisis cet été-là, c’est d’une part, je le répète, parce que nous sommes loin d’avoir fait le tour de la question, et d’autre part parce que l’été en question a été riche en événements un peu partout en Europe et dans le monde, et pas seulement en Normandie…

Tout avait en réalité commencé au printemps de cette même année. À l’époque, la Roumanie faisait encore partie de l’Axe, une erreur de calcul (mais avait-elle vraiment le choix ?) qu’elle a chèrement payée, des années durant.

Et pour Bucarest, le 4 avril 1944, tout avait commencé comme ça :

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Résultat, après le passage des bombardiers américains, la capitale roumaine déplorait, pour la seul journée du 4 avril, 2 942 tués et 2 411 blessés.

La 15th Air Force américaine et la RAF étaient ensuite revenues frapper les grandes villes du pays, ses infrastructures et, bien sûr, les installations pétrolières de Ploesti.

C’est en lisant un article à ce propos dans l’excellente revue Historia (la version roumaine, évidemment, vous imaginez un sujet comme ça traité par l’un ou l’autre de nos magazines historiques ?) que je suis tombé sur ce petit passage tragicomique : “Ceux qui étaient en âge d’être scolarisés entrèrent alors sans le vouloir dans la plus longue période de vacances de leur vie, qui dura d’avril à octobre. Beaucoup durent secrètement remercier les Américains pour ces bombardements à l’origine de leurs vacances.”

Les habitants des grandes villes, en effet, quand ils le purent, décidèrent d’envoyer leurs enfants se réfugier à la campagne.

Et c’est ainsi qu’au bout de mon trajet de RER matinal, je me suis retrouvé avec une histoire toute neuve, dont je vais vous donner maintenant quelques éléments.

 

L’Été de la Reine

Roumanie, région de l’Arges, juin 1944.

Ion a 6 ans, et il passe, il en est sûr, les plus belles vacances de sa vie. Avec sa mère, ils ont quitté Bucarest dès la mi-avril, alors que les bombardements alliés se multipliaient, pour se réfugier dans le village de ses grands-parents maternels, blotti dans les contreforts sud des Carpates.

Et depuis qu’il est là, il mène une existence paisible, pleine d’aventures et de rêves. Bien sûr, il y a les diverses corvées qu’il n’est déjà plus trop petit pour accomplir, et dont son bunicul (son grand-père), un peu sévère, ne manque jamais de le charger. Il y a aussi les devoirs que sa mère, désespérée, tente de lui imposer : un peu de lecture, un peu de calcul. Jamais rien de bien méchant, jamais assez, en tout cas, pour l’empêcher de s’éclipser dans la chaleur de ce mois de juin crucial pour toute l’Europe.

Et quand le petit Ion s’éclipse, c’est pour retrouver sa chère, nouvelle amie : la grande Rodica.

Rodica est une vraie grande. Pensez, elle a 12 ans. Rodica sait des choses, beaucoup de choses, ce qui impressionne le petit Ion. Et puis, elle a ces yeux noirs qui semblent vous transpercer quand elle n’est pas contente, et qui s’illuminent dès qu’elle sourit. Heureusement, elle sourit plus souvent qu’elle n’est en colère. Et de longs cheveux châtain coiffés en une longue tresse qui danse derrière elle quand elle court, à laquelle Ion aimerait s’accrocher pour se laisser emporter à sa suite.

Rodica habite chez sa grand-mère, à deux maisons de chez ses grands-parents, et dès qu’il est libre, c’est chez elle qu’il accourt, le cœur battant.

Il est un peu amoureux, Ion, même s’il ne sait pas que ça s’appelle comme ça.

Pour Ion, les journées d’été se suivent et, à cause des corvées du grand-père, se ressemblent, mais grâce à Rodica, elles ne ressemblent jamais complètement non plus.

Car si elle sait des choses, Rodica a aussi des idées. Et elle a décidé, elle qui vient de la vilaine ville de Ploesti, si souvent bombardée par les Alliés à cause de tout le pétrole que l’on y trouve, qu’elle ne rentrerait jamais chez elle, et qu’elle consacrerait toute sa vie à découvrir les secrets des montagnes.

Et Ion, fidèle assistant de la grande exploratrice, est ravi de prendre part à l’aventure.

Leurs expéditions se déroulent le plus souvent en deux temps. Ils se retrouvent un peu avant le déjeuner, moment où Rodica lui annonce le programme de la journée. Puis, une fois que tout le village, bêtes et hommes, s’assoupit dans la chaleur écrasante de l’après-midi, ils s’élancent.

Parfois, ils ne vont pas bien loin. Juste au bout d’un champ ou à l’orée d’une clairière. Là, ils s’allongent et contemplent le ciel, voient passer les vagues de points noirs grondant qui s’en vont porter la mort et le feu de l’autre côté des montagnes, laissant derrière eux la résille mouvante de leurs traînées de condensation.

Par deux fois, ils assistent même à des combats aériens, et suivent, fascinés, le ballet fou des chasseurs qui se poursuivent, ne sachant plus trop pour qui ils sont.

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Mais parfois, la grande exploratrice décrète qu’il leur faut s’enfoncer dans les forêts qui couvrent les flancs des montagnes. Et Ion la suit, même si, secrètement, il a toujours un peu peur.

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C’est qu’elles sont pleines de légendes, ces forêts, et que les vieux du village, même le redoutable bunicul de Ion, racontent bien des choses terribles à leur sujet. Des choses terribles que Rodica veut voir de ses yeux. Pour y croire. Ou en rire. Elle est comme ça, Rodica.

Ainsi, un jour, dans le creux d’une étrange vallée un peu sombre, et alors qu’ils sont déjà en retard et savent l’un et l’autre qu’ils vont se faire sérieusement gronder à leur retour, ils aperçoivent une vieille tour à demi en ruine.

C’est là que commencera véritablement leur aventure, là que débutera l’Été de la Reine.

Et, non, en dépit des apparences, ce n’est pas un conte pour enfants…

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